Préjugés et discrimination au Japon – Focus sur Kyoto

Dans le cadre de sa nouvelle campagne Piétinons les préjugés, l’agence E&H LAB a entamé une phase de collecte des préjugés dans l’objectif d’accompagner l’évolution des perceptions, à travers une série de campagnes urbaines à l’échelle internationale, avec un lancement à Paris fin 2014.
Pour E&H LAB, la journaliste Kounkou Mara est descendue dans les rues de Kyoto où elle a rencontré des personnes dites valides, des autorités, des associations de personnes en situation de handicap et des médias pour un sondage d’opinion sur la perception du handicap au Japon. L’agence E&H LAB vous livre en avant-première un aperçu de son investigation.

A Kyoto, 7% de la population est en situation de handicap et, selon notre étude, est victime de discriminations et de préjugés, qui constituent un frein à son ascension sociale. Le Japon dispose pourtant, depuis 2006, d’une loi pour l’autonomisation des personnes en situation de handicap, loi « récemment revue et corrigée à cause de ses insuffisances ». Malgré cette loi, un sondage national organisé par l’Etat japonais en 2012, portant sur la discrimination des personnes en situation de handicap, a révélé que 90% de la population japonaise discrimine les personnes handicapées. Cet épouvantable résultat aurait amené le gouvernement à intensifier les campagnes de sensibilisation.

M. Takeshita Yoshiki, un avocat de 63 ans ayant perdu la vue à l’âge de 12 ans, témoigne de son combat pour se faire une place au soleil dans un monde peu sensible à la situation des personnes handicapées : « Quand j’ai complètement perdu la vue, même mes propres parents pensaient que l’école c’était fini pour moi. Mais le handicap m’a donné une nouvelle force pour avancer et atteindre mon objectif, c’est-à-dire faire des études supérieures. Je l’ai fait avec toutes les difficultés rencontrées, j’ai ensuite travaillé pour le gouvernement avant de fonder ce cabinet », confie t-il. L’audace a été son moteur sur tous les plans.

Ainsi, les préjugés peuvent empêcher l’épanouissement social des personnes en situation de handicap sauf pour celles qui arrivent à se surpasser. Les idées reçues ou les tabous sur la non sexualité des personnes handicapées traversent les cultures.

Takeshita Yoshiki et sa femme ont dû braver ces préjugés pour pouvoir fonder leur famille : « Je me suis marié quand j’étais encore un simple étudiant ; ça n’a pas été une mince affaire pour ma femme. Sa famille s’est opposée farouchement à notre union. Jamais leur fille n’épousera un non-voyant. Elle a tenu tête à sa famille. Elle m’a épousé et elle a été tout simplement bannie par sa famille à l’époque ».

La déconstruction des idées reçues à travers des campagnes de sensibilisation apparaît essentielle dans la libération et l’émancipation des personnes en situation de handicap.
Takeshita Yoshiki considère sa réussite sociale comme un îlot dans un océan, au regard de la situation actuelle de la majorité des personnes handicapées au Japon, et notamment dans certaines agglomérations rurales où les familles vont jusqu’à dissimuler des parents handicapés. La lutte pour l’égalité et contre les discriminations qui constitue le bâton de pèlerin de l’agence E&H LAB est pour Takeshita Yoshiki son violon d’Ingres pour toujours.


A propos de Kounkou Mara :

La journaliste Kounkou Mara a exercé durant 8 ans au sein d’un hebdomadaire satirique en République de Guinée, avant de s’envoler pour le Japon où elle a mis à profit son séjour de deux ans pour apprendre la langue et la culture japonaise et a collaboré avec l’agence E&H LAB.


L’accessibilité universelle : une ligne d’horizon infinie ?

La concertation sur l’accessibilité, qui s’est conclue le mercredi 26 février, est sans surprise. Elle confirme un nouveau calendrier et repousse de 3 à 9 ans la mise en conformité des transports collectifs et des établissements recevant du public, en France.

Les 10 années initialement prévues pour la mise en accessibilité des transports et des établissements recevant du public (ERP) existants n’auront pas suffi. Le rapport de la sénatrice Claire-Lise Campion s’est vu confirmer par la concertation présidée par cette dernière, et animée par Marie Prost-Coletta, la déléguée ministérielle à l’accessibilité, réunissant pendant plus de trois mois les associations de personnes handicapées, d’élus, et des représentants des secteurs concernés.

La conclusion de cette concertation ? Pas de grande nouveauté : Jean-Marc Ayrault a annoncé, le 26 février dernier, qu’un projet de loi d’habilitation à légiférer par ordonnance devrait être présenté au mois d’avril en Conseil des ministres afin de mettre en place des « Agendas d’accessibilité programmée », Ad’Ap (voir notre article du 23 janvier 2014), qui devraient être un dispositif d’exception. Nous craignons fortement des dérives, d’autant plus que la régularité des points de contrôle de l’Ad’Ap par le préfet n’a pas été précisée, que le contrôle par un organisme externe en fin d’Ad’Ap n’a pas fait consensus, que les possibilités de dérogation initialement prévues par la loi de 2005 ont été maintenues et que rien ne garantit que les délais légaux de mise en accessibilité ne seront pas à nouveau repoussés. En effet, la concertation prévoie la possibilité pour l’exploitant ou maître d’ouvrage de signaler, 12 mois avant la fin théorique de l’Ad’AP, des difficultés techniques et financières graves et de demande de prorogation de délai. Le délai supplémentaire de 3 ans pour les ERP de 5ème catégorie, et de 6 à 9 ans pour les patrimoines plus importants ou plus complexes risque donc d’être prolongé.


Quelle mobilisation de la société civile pour les personnes en situation de handicap ?

Les sujets de société, à l’instar du mariage pour tous, auront fait parler d’eux… mais qu’en est-il de l’accessibilité pour les personnes handicapées, les mères avec poussette, les personnes âgées ? Cela ne nous a pas échappé que certaines problématiques sociales sont fortement mobilisatrices, alors que celles en rapport avec les personnes en situation de handicap passent sans aucun bruit, ce qui en fait définitivement un sujet à part, contrairement aux descentes dans la rue pour tout et n’importe quel prétexte…


Un droit de vote pour tous ?

A quelques jours du 2ème tour des élections municipales, nous nous interrogeons sur l’égalité d’accès au droit de vote, droit fondamental qui se doit d’être universel, égal et secret. Alors que tous les citoyens vont aller voter librement, comment les personnes qui ont un handicap visuel, mental, psychique ou cognitif font-elles pour aller voter ?

En France, 60 000 personnes sont aveugles (1) ; 200 000 ne peuvent pas voter seules et doivent faire confiance à une personne qui va les aider à voter. Ne pas prendre de mesure phare dans ce domaine, c’est renier à ces 200 000 citoyens l’égalité, l’anonymat et la confidentialité du vote. En attendant une réglementation en la matière, certaines communes, à l’instar de Fourmies et de Berck sur Mer (2), ont pris le parti de placer les noms des candidats en braille devant la pile de bulletins de vote. Ailleurs, des personnes mal ou non-voyantes scannent les bulletins de vote pour les lire sur un ordinateur grâce à un système de synthèse vocale. Entre la débrouillardise, l’effort de mémoire et de concentration ou la technologie, les personnes aveugles ne peuvent que compter sur des initiatives personnelles pour se garantir l’accès au droit de vote.

A l’international, des initiatives ont vu le jour dès 1994 en Afrique du Sud, avec le projet “We-Shop”, réellement mis en place lors des élections générales de 2004, et au Canada, depuis 2006, notamment à travers une tablette en plastique rigide placée sur le bulletin de vote. Avec ce modèle, la personne malvoyante n’a plus besoin de dépendre d’un proche ou d’un agent électoral pour pouvoir exercer son droit de vote. D’autres technologies d’aide au vote ont été mises à l’essai dans les provinces du Canada, comme le vote par contacteur au souffle destiné aux électeurs paralysés ou qui ne peuvent utiliser leurs mains pour voter (Adam, 2011).

Qu’attendons-nous pour réfléchir et expérimenter des solutions permettant à tous un vote autonome, telles que le marquage du chemin en couleur pour les personnes ayant un handicap psychique n’altérant pas leur libre-arbitre, le bulletin de vote en braille, le bulletin avec une photographie des candidats pour les personnes handicapées mentales,… ?

L’accessibilité universelle est-elle un mirage du gouvernement en attendant le déplacement de la mise en conformité vers une nouvelle échéance ? Chez E&H LAB nous espérons que la société civile pourra dorénavant se mobiliser massivement afin de garantir l’égalité des droits à tous.

(1) AGEFIPH 2007
(2) http://www.lereveildeberck.fr/Actualite/a_la_une/Berck/2012/06/08/elections-des-bulletins-de-vote-en-brail.shtml
(3) http://www.panapress.com/Des-bulletins-de-vote-en-braille-pour-les-aveugles-sud-africains–13-695723-17-lang4-index.html
(4) http://www.elections.ca/content.aspx?section=res&dir=rec/part/spe&document=p4&lang=f


« AUDACE ET CREATIVITE AU SERVICE DE L’INNOVATION SOCIALE »

Nouveau positionnement, nouvelle signature et nouveau site : la nouveauté est de rigueur pour E&H LAB qui réaffirme sa stratégie de développement pour 2014 et étend son champ d’expertise à la diversité.

E&H LAB abat quelques-unes de ses meilleures cartes en ce début d’année en confirmant son positionnement comme un acteur majeur de l’épanouissement du potentiel professionnel, de la cohésion des équipes et du bien-être en entreprise. En pleine croissance, l’agence s’étend désormais aux problématiques de la diversité plus globalement et intègre des préoccupations sociales et sociétales telles que le maintien dans l’emploi des séniors et l’égalité professionnelle hommes femmes tout en continuant d’œuvrer pour les personnes en situation de handicap à travers des projets toujours plus créatifs, novateurs et responsables.

L’agence se dote d’une toute nouvelle signature, « Audace et créativité au service de l’innovation sociale », qui annonce sa nouvelle stratégie de communication et marketing et entérine son positionnement comme acteur du changement, au service des entreprises et des collectivités territoriales. Le lancement du nouveau site Internet et la refonte de la plaquette de présentation de l’agence viennent compléter cette nouvelle identité.

Le nouveau site web est à découvrir ici : http://e-hlab.com/


Prix Entrepreneure Responsable 2014 : plus que 3 finalistes

Mardi 18 février, les résultats sont tombés ! Deza Nguembock poursuit sa quête du Prix Entrepreneure Responsable 2014 et se classe parmi les 3 finalistes.

Le suspens fut long mais on y est : Deza Nguembock a été sélectionnée pour faire partie des trois prétendantes au titre. Son projet novateur et responsable en faveur de l’intégration sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap a suscité l’intérêt des membres du réseau PWN-Paris qui lui ont accordé leurs votes. Visionnée plus de 700 fois, la vidéo de présentation de son projet ne laisse pas indifférent, un projet qui pourrait bien la porter sur la plus haute marche du podium.

En attendant l’annonce officielle de la lauréate le 25 mars prochain au Musée Dapper, Deza Nguembock va devoir se confronter au jury final composé notamment de Margaret MILAN, Frédérique CLAVEL, Marie-Christine MAHEAS, Eve MAGNANT, Françoise LAMOTTE, Viviane DE BEAUFORT, Anne-Catherine HUSSON-TRAORE et d’Agnès FOURCADE. A la clé, un an de conseils personnalisés, prodigués par des experts du réseau, l’accompagnement du projet par une marraine et encore bien d’autres récompenses !

Nous n’avons plus qu’à lui souhaiter bonne chance et espérer qu’elle devienne l’Entrepreneure Responsable 2014 !


SUCH MAG : “Tous les corps sont objets de désirs” (interview audio)

Deza Nguembock, handicapée ? Oui ! Belle et féminine ? Aussi ! Cette interview de Deza Nguembock orchestrée par Camille Lancesseur, rédactrice en chef de SUCH MAG, « Le Webzine qui décape l’image du handicap », revient sur « Esthétique et Handicap », l’exposition qui dévoile la beauté des lignes des corps non conformes à la norme. Sur le ton feutré et chaleureux de la confidence, Camille recueille le point de vue de Deza sur le handicap, le désir et l’acceptation de soi.

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le numéro 3, daté de janvier 2014

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Prix Entrepreneure Responsable : Deza Nguembock, en course pour le titre


Deza Nguembock, fondatrice et directrice de l’agence E&H LAB, a été présélectionnée parmi les six semi-finalistes pour concourir au Prix Entrepreneure Responsable, organisé par l’European Professional Women’s Network (EPWN).

Le Prix Entrepreneure Responsable, organisé pour la quatrième année consécutive par EuropeanPWN, un réseau de femmes cadres et dirigeantes, a pour objectif de récompenser les femmes entrepreneures qui ont eu l’audace de créer leur propre entreprise tout en intégrant des préoccupations sociales, sociétales et environnementales à leur activité commerciale. L’édition 2014 est placée sous le thème de l’ « innovation RSE, facteur de performance », l’occasion de donner un coup d’élan à la carrière d’une femme qui a donné vie à un projet innovant et responsable. Deza Nguembock, directrice générale de l’agence E&H Lab, oeuvrant pour l’inclusion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap, figure fièrement parmi les six semi-finalistes.

La solidité du business modèle et sa dimension novatrice, la démarche et l’impact sociétal, social et/ou environnemental du projet, la viabilité financière du projet et le besoin en accompagnement et en réseau de la candidate afin de répondre aux défis de son entreprise sont parmi les critères de sélection des finalistes. Le jury présidé par Margaret Milan et composé d’une des Présidentes d’EuropeanPWN-France, de femmes entrepreneures et de personnalités du monde de l’entrepreneuriat et de la responsabilité sociétale, désignera la grande gagnante.

La remise des prix aura lieu le 25 mars 2014. La lauréate du concours se verra récompenser d’un an de conseils personnalisés, prodigués par des experts du réseau, ainsi que de l’accompagnement de son projet par une marraine. Elle bénéficiera également, au même titre que les six semi-finalistes, d’un an d’adhésion à EuropeanPWN.

Coachée par Sylvie Ramir, TransMedias, et accompagnée lors de la soirée de présentation des semis-finalistes par Sylvie Capron, Yasur Conseil, Deza Nguembock : entrepreneure responsable de l’année 2014 ? A suivre…

Plus d’informations sur le site d’EuropeanPWN-Paris.


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Semaine de la Solidarité Internationale: une clôture festive à Gentilly

A l’occasion de la Semaine de la Solidarité internationale, la Mairie de Gentilly a fait appel à Deza Nguembock, réalisatrice du film documentaire Miroir de mon âme et directrice de l’agence E&H LAB, et à Corine Le Brun, présidente de l’association pour le rayonnement d’esthétique et handicap (AREH), pour un « Before » autour d’une projection-débat.

La Semaine de la solidarité internationale, qui a eu lieu du 16 au 24 novembre 2013, est l’occasion de s’interroger sur la marche du monde et les moyens d’agir pour plus d’équité en France, et de justice et de solidarité partout dans le monde. Suite à la projection du film Miroir de mon âme, le débat a tourné autour du problème du regard à plusieurs niveaux : celui que la personne en situation de handicap porte sur elle-même en premier lieu et celui que les autres portent sur elle. Rémi Wagner, de l’Association Nationale de Défense des Malades, Invalides et Handicapés (AMI), déficient visuel de naissance, et son épouse, déficiente visuelle partielle survenue dans l’adolescence, témoignent : « On se sent handicapés quand on nous voit handicapés ».

Le débat a été l’occasion pour Patricia Tordjman, maire de Gentilly et présidente de la communauté d’agglomération du val de bièvre, de renouveler son désir de faire progresser la société et de la faire changer en profondeur. La société fragilise les individus. Ce n’est pas le handicap, mais la société, qui prône un individu idéal et conforme, qui crée le problème. « Dans une société où la normalité serait d’être différent, nous serions tous normaux ».

Corine Le Brun, présidente de l’association pour le rayonnement d’esthétique et handicap (AREH), a rappelé que tout le monde peut être touché un jour par le handicap : un Français sur deux sera en situation de handicap au cours de sa vie et 85 % des handicaps surviennent à l’âge adulte (1).

Deza Nguembock, a souligné quant à elle les différences de perception sociales et l’approche relationnelle du handicap d’un point de vue culturel. Nous avons beaucoup à apprendre des sociétés dites traditionnelles dont les fondements ne sont pas basés sur le critère de la performance. « Le regard qui m’a été porté dans ma famille, mon entourage et ma communauté et la chance qui m’a été donné de faire les choses à mon rythme m’ont permis d’être la femme épanouie que je suis aujourd’hui ».

La fin de soirée s’est déroulée autour d’un repas partagé, rassemblant 300 personnes, au sein de la salle des Fêtes de la mairie, l’occasion de prolonger le débat, de déguster des plats traditionnels de diverses provenances géographiques et d’assister à un concert, représentations de danse et lecture de textes.

Sources :
(1) AGEFIPH 2007
Crédit photo : Service de la Communication, Mairie de Gentilly.


Handicap : quelles bonnes pratiques en matière d’emploi ?

Comme chaque année, l’approche de la Semaine pour l’Emploi des personnes en situation de handicap (SEPH) nous pousse à établir un bilan de l’emploi des personnes handicapées en France et en Europe et à nous interroger sur les bonnes pratiques existantes.

Quel bilan autour de l’emploi des personnes en situation de handicap en 2012-2013 ?

A la fin juin 2013, l’Agefiph enregistre 387 107 demandeurs d’emplois handicapés, soit une augmentation de 14 % en un an (contre une augmentation de 9 % pour le tout public) et de plus de 70 % en cinq ans. Parmi les facteurs d’explication, il est intéressant de noter que figure une forte croissance des décisions de reconnaissance travailleur handicapé, en l’occurrence, une augmentation de 28 % entre 2007 et 2010 (dernier niveau connu).

Le nombre d’insertions est également en hausse au 1er semestre 2013. Les Cap emploi ont contribué à 29 466 recrutements de travailleurs handicapés, tous types de contrats confondus, soit une hausse de 10 % en un an. La hausse des recrutements a concerné plus particulièrement les CDD de 12 mois et plus dont le nombre a presque doublé en un an.

Sur un total de 830 000 personnes bénéficiant d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) en France (2), 118 442 travaillent dans des ESAT et 37 540 dans des EA (établissements adaptés) en 2012 (3).

Conférence internationale Employment of Persons With Disabilities et bonnes pratiques

Deza Nguembock, fondatrice et directrice de l’agence E&H LAB, était l’une des invitées de la conférence internationale Employment of Persons With Disabilities, portant sur la prise de conscience et les opportunités d’emploi des personnes en situation de handicap, qui s’est tenue à Istanbul les 27 et 28 septembre derniers. Elle a ainsi pu partager sa vision de ce que devrait être l’emploi des personnes en situation de handicap.

L’emploi dans un milieu de travail dit « adapté » reste une source de faible intégration dans la société, contrairement au milieu de travail dit « ordinaire ». C’est pourquoi certaines bonnes pratiques, présentées lors de la conférence, sont intéressantes. En effet, le prix « Emploi pour tous », remis par l’EASPD, ONG européenne regroupant plus de 10 000 services publics, entreprises et associations, a été attribué à ifs SPAGAT, qui œuvre pour l’autonomie des personnes en situation de handicap et leur intégration sur le marché de l’emploi. Elle exerce notamment dans le land de Vorarlberg, en Autriche, auprès de personnes considérées comme inemployables, leur permettant de choisir entre travailler dans un atelier et dans une entreprise dite « ordinaire ». Le processus d’intégration et d’emploi comporte la définition d’un planning centré autour de l’individu, des groupes de soutien, le développement d’un travail « customisé » et le suivi par un mentor dans chaque entreprise. Les conditions légales et financières établies par la province de Vorarlberg sont un des facteurs de succès. L’entreprise paie le coût du travail défini légalement dans la convention collective ; la province de Vorarlberg subventionne la différence en terme de productivité et le coût du mentor. Plusieurs autres bonnes pratiques ont été saluées, notamment l’intégration de personnes autistes en Belgique par Passwerk et en Irlande du Nord par ABLE ; ou encore le programme « tous dans un emploi salarié » par Pameijer aux Pays-Bas, qui vise à accompagner les personnes en situation de handicap intellectuel ou psychique vers un emploi bien rémunéré dans une entreprise ordinaire.

Et bientôt en Europe ?

Il est difficile de quantifier le nombre de demandeurs d’emploi handicapés en Europe, puisque les définitions du handicap et de l’employabilité des personnes en situation de handicap diffèrent d’un pays à l’autre. Dans certains pays, les personnes atteintes d’un handicap moteur sont considérées comme inemployables et sont exclues du marché de l’emploi. Cependant, Françoise Grossetête, député européen, révèle, lors du colloque 2012 de la Fondation Jacques Chirac qui s’est tenu à Paris sur le thème « Qualité de vie au travail des personnes handicapées », qu’un sixième de la population est en situation de handicap en Europe, soit 80 millions de nos concitoyens. Seules 50 % d’entre eux occupent un emploi (contre plus de 68 % pour les personnes non handicapées). L’EASP mène à l’heure actuelle une réflexion sur l’emploi des personnes handicapées au niveau européen.

Sources :
(1) Tableau de bord national AGEFIPH
(2) Insee-Drees, enquête HSM 2008 ; traitement Dares
(3) DGCS, DGEFP et ASP
(4) http://informations.handicap.fr/art-a-l-etranger-63-4655.php


Échange international de jeunes : 2 semaines de réflexion autour du handicap à Cachan

L’agence E&H LAB a animé une journée de team building dans le cadre de l’échange international de jeunes, qui s’est tenu à Cachan du 13 au 27 juillet 2013.

Chaque année depuis 2001, l’échange international organisé par la ville de Cachan et les districts de Wolfenbüttel (Allemagne), Rhondda (Pays de Galles) et Wrzesnia Powiat (Pologne) permet aux jeunes européens de 16 à 20 ans de mieux appréhender le fonctionnement de l’Europe et de ses institutions, et de partir à la découverte d’un pays et de sa culture. En 2013, le thème du séjour, choisi par les jeunes participants, était « Vers une société plus inclusive pour les personnes en situation de handicap ».

L’agence E&H LAB a animé la première journée d’échange sur ce sujet, en proposant des ateliers de team building auxquels ont pris part les 40 jeunes très attentifs. Parmi les thèmes abordés figurent les typologies du handicap, les informations indispensables à connaître pour une bonne interaction avec des personnes en situation de handicap et les idées reçues que l’on peut avoir. Le partage d’expérience s’est fait à travers des mises en situation, pour améliorer leurs connaissances en matière de handicap. Ensuite, les jeunes ont pris plaisir à participer aux jeux d’improvisation à travers la voix, le corps et l’esprit prévus par E&H LAB.

Cette première journée de sensibilisation a permis à chaque jeune de faire évoluer sa perception du handicap. Elle a également contribué à apporter une réponse aux deux questions qui constituent le fil rouge du séjour :
- « Comment j’imagine ce que devrait être la société dans 20 ans pour les personnes porteuses de handicap ? »
- « Comment puis-je, à mon niveau, faire bouger les choses ? Que vais-je changer dans ma vie de tous les jours à partir de maintenant ? »

Nous sommes persuadés que ces deux interrogations à double dimension, institutionnelle et personnelle, porteront leurs fruits pour faire bouger les jeunes et la société dont ils feront partie. Le choix du thème de l’inclusion des personnes en situation de handicap est une belle illustration de la citation de Mahatma Gandhi : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Nous félicitons l’initiative prise par ces jeunes, en espérant que d’autres villes et d’autres jeunes soient également porteurs de beaux projets de sensibilisation en matière de handicap.


RENCONTRE ENTRE ACTEURS DE LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS A L’HAY-LES-ROSES

Une initiative de Stéphane Coloneaux, Adjoint au Maire de L’Haÿ-les-Roses, Délégué aux Droits de l’Homme, au Métissage, au devoir de Mémoire et aux Anciens Combattants
La 2ème édition du forum des acteurs pour l’égalité et le vivre ensemble s’est tenu le samedi 15 juin 2013 au Moulin de la Bièvre dans la ville de L’Haÿ-les-roses. Une ouverture solennelle par Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Monsieur Pierre Coilbault, Maire de L’Haÿ-les-Roses et Madame Patricia Tordjman, Présidente de la communauté d’agglomération du Val de Bièvre et Maire de Gentilly.
Nous saluons cette belle et unique initiative sur le territoire francilien qui met en valeur des acteurs dont le quotidien est rythmé par leur combat pour l’égalité des chances et l’accès aux droits pour tous. Un forum ponctué par des échanges dont l’objectif est d’élaborer des actions communes sur la base d’expériences réussies. Parmi différents intervenants, Deza Nguembock, fondatrice et directrice générale de l’agence E&H LAB (Esthétique & Handicap) a eu plaisir à faire part de quelques-unes de ses nombreuses expériences entre autres en tant que directrice artistique d’un concept innovant sur l’image des personnes handicapées (Esthétique et Handicap) et qui milite pour une nouvelle forme de communication sur le handicap, actrice de lutte contre les discriminations, femme handicapée et chef d’entreprise, femme africaine immigrée…
Le forum a été organisé autour de plusieurs tables rondes parmi lesquelles « Vivre au quotidien son altérité, sa diversité », « Les métiers de la lutte contre les discriminations, les filières d’emploi », « Les acteurs publics et institutionnels pour agir »… avec des intervenants de qualité et une animation assurée par la talentueuse Tara Dickman.
Une journée très riche en perspective qui a été clôturée par Stéphane Coloneaux que nous remercions ainsi que toute son équipe.
Vivement la 3ème édition l’an prochain et que d’autres villes suivent ce bon exemple !

Crédits images :
E&H LAB
Service communication Ville de L’Haÿ-les-Roses
Yanis Boufrioua